Un musicien israélite mort pour la France, Fernand Halphen (1872-1917)

nov.
13

mar. 13/11/2018 de 18h00 à 22h00

Espace Desfriches
365 Rue Du Général De Gaulle 45160 Olivet
45160 Olivet
France
Olivet

Conférence suivie d’un concert/création dans le cadre des commémorations du 11 novembre

Conférence par Laure Schnapper, musicologue, professeure à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), et présidente de l’Institut Européen des Musiques Juives (IEMJ). Mort pour la France à l'âge de 45 ans des suites d'une maladie contractée aux armées, Halphen est surtout connu par le portrait que ses parents commandèrent à Renoir en 1880, aujourd'hui au Musée d’Orsay. Issu de la grande bourgeoisie israélite, Halphen étudia le violon et décida très jeune de devenir compositeur. Fauré le prépara à entrer au Conservatoire, où, dans la classe de Massenet, il côtoya notamment Reynaldo Hahn, avant d'obtenir, en 1896, le second Prix de Rome. Son langage musical, élégant et sensible, est caractéristique de la musique française au tournant du siècle. Outre une Sonate pour piano et violon, créée en 1900 et quelques autres pièces instrumentales, on lui doit une centaine de mélodies ainsi que Le Cor fleuri, féérie lyrique créée à l'Opéra-Comique en 1904, ainsi que quelques pièces pour la synagogue. Lieutenant au 13e Régiment territorial d'infanterie basé dans la région d'Amiens et de Compiègne, il fonda et dirigea l'orchestre militaire de son régiment qui devint rapidement, par sa qualité, la musique officielle du Groupe des armées du nord, accompagnant les visites au front du roi des Belges et du roi d'Angleterre en 1915. Suivie à 20H30 par /// CONCERT – CRÉATION Des compositeurs juifs par-delà les tranchées par Rémy Yulzari, contrebasse, Daniel Benzakoun, piano et Alexandre Brussilovsky, violon. Ce sujet pose plusieurs questions : l’identité des Juifs pendant ce conflit (entre judaïsme et patriotisme) et sa traduction en musique ? Pourquoi se battre contre des coreligionnaires (par exemple, les français juifs contre les allemands juifs) ne posait-il aucun problème ? Quelle est la place de l’antisémitisme pendant la Grande Guerre ? Par quelle ironie du sort les mêmes Juifs patriotes qui n’ont pas hésité à risquer leurs vies pour la France se sont-ils retrouvés quelques années plus tard trahis par le vainqueur de Verdun ? Pour tenter de répondre à ces questions, trois solistes internationaux : Daniel Benzakoun au piano, Alexandre Brussilovsky au violon, Rémy Yulzari à la contrebasse. Nos partenaires que sont les mairies d’Orléans et d’Olivet, et leurs Conservatoires, ont eux aussi souhaité découvrir les œuvres de ceux qui sont morts durant cette guerre (comme Georges-Lazare Bloch, Fernand Halphen), ceux qui ont été durablement marqués par la violence des batailles (comme Darius Milhaud) ou qui ont combattu et ont été persécutés durant la Shoah (comme Arnold Schönberg ou Ralf Erwin) ou encore, ceux qui ont été assassinés (comme Erwin Schulhoff, Viktor Ullmann). Concert présenté également le dimanche 11 novembre à 17h, à la synagogue de la Victoire (Paris 9e). Retrouvez en 2019 ce concert à Tours. Entrée libre Mardi 13 novembre 2018 à 18h À Olivet – Espace Desfriches Informations et réservations : 02 38 42 03 91 / cercil@cercil.eu

Source: openagenda.com


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