Légende d'une vie
Konzert Theater Bern

dimanche 25 de 18h00 à 20h00

Fuseau horaire : Zurich (GMT+01:00)

Konzert Theater Bern
Kornhausplatz 20
3011 Bern
Switzerland
STEFAN ZWEIG
Mise en Scène | Christophe Lidon
Adaptation | Michael Stampe
Scenographie | Catherine Bluwal
Costumes | Chouchane Abello-Tcherpachian
Musique | originale Michel Legrand
Avec | Nathalie Dessay, Macha Méril, Gaël Giraudeau, Bernard Alane, Chloé Berthier

Pas facile d’être le fils d’un homme célèbre, gloire de la littérature, adulé pour son talent, son charisme et ses multiples succès. D’autant moins facile quand on aspire à suivre ses traces – du moins c’est ce que souhaite la famille. Mais est-ce vraiment le but du jeune Friedrich ? Alors que tout est prêt pour présenter sa première œuvre en lecture publique, les réticences l’assaillent devant cet événement et le destin qui lui est imposé. Comment prendre sa place à l’ombre de l’icône de son père ?
Cette icône, la veuve du grand homme et son biographe consacrent leur vie à la préserver : pas question de modifier d’un iota la légende qui l’entoure ni leur conformisme social. L’arrivée imprévue d’une femme que personne ne connaît mais qui, elle, a bien connu le grand auteur décédé, va bouleverser beaucoup de choses…
« UN SONDEUR D’ÂME »
L’œuvre de Stefan Zweig est foisonnante, mais il n’a écrit que huit pièces de théâtre. La plupart conçues comme du « Kammerspiel », du théâtre intime centré sur l’âme humaine dans son éternelle ambiguïté. Ce qui l’intéresse, c’est le mystère de l’être humain qui cherche à se réaliser en dépit des événements ou des pulsions qu’il ne maîtrise pas, et malgré ses propres contradictions. Comme il l’écrit dans Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, l’individu est livré « à des puissances mystérieuses plus fortes que sa volonté et que son intelligence ». Encore faut-il les définir…
Grand ami de Freud, Zweig s’est attaché à tenter d’explorer l’inconscient en montrant l’importance de la parole pour conjurer les méfaits des non-dits. Il a toujours reconnu sa dette envers Freud et lui a exprimé sa gratitude. « La psychologie est la grande affaire de ma vie », lui écrit-il en 1926, et il souligne l’influence fondamentale qu’il a eue sur beaucoup d’écrivains: « Grâce à vous, nous voyons beaucoup de choses, nous disons beaucoup de choses qui, sinon, n’auraient été ni vues ni dites. »
ENQUÊTE AUTOUR D’UN SECRET
Les thèmes sont nombreux dans cette pièce : la sacralisation de l’artiste, la création et sa liberté, la construction de l’identité, la postérité, la famille et ses secrets, le pouvoir, l’aliénation des femmes acquises au diktat de la société de leur époque, donc à l’abnégation et à la soumission...
Avec des clins d’œil au vaudeville pour aboutir à une réflexion sur les causes profondes des comportements humains, l’intrigue est habilement construite et dans une très belle langue. Elle se développe un peu comme une pièce policière basée sur un secret qui ne permettra de comprendre les actes des personnages que lorsqu’il sera découvert : un secret qui amène les uns à le subir sans le savoir et les autres à l’entretenir pour justifier leur propre existence ! Un secret qui, après qu’il sera révélé, permettra au jeune Friedrich de ne plus être simplement le « fils de ».
Contrairement aux autres œuvres de Stefan Zweig qui, le plus souvent, mettent en évidence des personnages qui ne sortent pas indemnes d’une situation tragique, Légende d’une vie est une pièce positive, un plaidoyer pour l’authenticité et pour la victoire du progressisme sur l’immobilisme qui sclérose les êtres et les sociétés. Ce qui permet à un personnage de conclure : «Elle a créé la légende d’une vie, mais la vie est plus forte que la légende.»
UNE BELLE DISTRIBUTION
Pour interpréter ces personnages complexes, sensibles ou contestables, Christophe Lidon, dont on a pu voir de nombreuses mises en scène à Berne, a choisi une distribution de grande qualité : aux côtés de Macha Méril et Bernard Alane, dont les belles carrières ne sont plus à découvrir, c’est l’occasion de mettre en évidence au théâtre le talent de comédienne de Natalie Dessay qu’on a déjà pu constater dans le cadre de son prestigieux parcours de chanteuse lyrique et celui de Gaël Giraudeau qui prouve, comme son personnage, qu’il est un bel artiste à part entière et pas seulement le « fils de » Anny Duperey et Bernard Giraudeau
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