Dans la place – Beloufa, Bourouissa, Kreienbühl + résidents
Villa Belleville - Résidences Paris Belleville

Du 21/09/2017 18h00 au 05/10/2017 18h00

Pavillon Carré de Baudouin
121 Rue de Menilmontant, 75020 Paris
75020 Paris
France
La Villa Belleville - Résidences de Paris Belleville invite Stephane Correard pour un commissariat carte blanche axé création émergente, à partir d’une sélection d’artistes résidents et invités.
L'exposition se tiendra du 22/09 au 23/12/2017 au Pavillon Carré de Baudouin. Vernissage le Jeudi 21 septembre à partir de 18H
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Frédérique Calandra, Maire du 20e,
Nathalie Maquoi, Déléguée à la Maire du 20e en charge de la culture et des centres Paris Anim’, Conseillère de Paris,
Stéphane Corréard, Commissaire de l’exposition,
Le Collectif Curry Vavart,
Et la Villa Belleville – Résidence de Paris Belleville,
Ont le plaisir de vous convier au vernissage de l’exposition « Dans la Place » le Jeudi 21 septembre 2017 à partir de 18H.
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« DANS LA PLACE »
Vernissage le Jeudi 21 septembre à partir de 18H
Exposition du 22/09 au 23/12/2017
au PAVILLON CARRE BAUDOUIN,
121 rue de Ménilmontant 75020 Paris
Métro Gambetta, Bus 26 ou 96 (arrêt Pyrénnées-Ménilmontant)
Renseignements : 01 58 53 55 40
http://www.carredebaudouin.fr/
Commissariat : STÉPHANE CORRÉARD
Avec : Neil Beloufa, Mohammed Bourouissa, Jürg Kreienbühl
Et les artistes résidents :
Bianca Bondi
Sophie Brillouet
Elvire Caillon
Lorraine Châteaux
Matthieu Cossé
Pierre Dusaussoy
Paul Gounon
Hannah Hummel
aalliicceelleessccaannnnee&ssoonniiaaddeerrzzyyppoollsskkii
Mohamed Namou
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« Dans la place »
« Le damier est dans la place : tout baigne !
Paris est dans la place : tout baigne !
New York est dans la place : tout baigne !
La té-ci est là aussi : tout baigne !
Nouméa est dans la place : tout baigne !
Marseille est dans la place : tout baigne !
Brighton est dans la place : tout baigne !
Tout baigne même pour les gens qui se plaignent »
Ménélik, Tout baigne, Phénoménélik, 1995
A Marc Nicolas
Quand sort le tube de Ménélik, j’ai vingt-sept ans. Ça doit être l’année où je quitte le vingtième arrondissement pour n’y plus revenir, toujours, qu’avec un pincement au cœur. Mes parents, issus de lignées de province, modestes voire pauvres, ont quitté leurs positions précaires dans le huitième et le seizième arrondissements pour s’établir, en 1968, dans cet arrondissement « populaire », comme on le dit alors. C’est même ma naissance qui a censément provoqué cet exil ; je suis le troisième. Je suis donc né, pour ainsi dire, au croisement des rues Sorbier, Panoyaux et des Plâtrières, en face de « la banane », cet immeuble incurvé de la rue des Amandiers qui, aujourd’hui encore, est une « zone sensible » et sur lequel ouvrent toutes les fenêtres de notre appartement.
Lorsque l’équipe de la Villa Belleville m’a invité comme commissaire d’une exposition au Pavillon Carré Baudoin, c’est toute mon enfance qui m’est remontée à la gorge et aux yeux. Du cours préparatoire jusqu’à la classe de quatrième, je suis passé deux fois par jour devant le Pavillon Carré de Baudouin pour aller et revenir de l’école. Huit années. Mille passages, à vue de nez. A l’époque, le mur d’enceinte gris sale nous impressionnait fortement. Barricadé, retranché, un « hôtel particulier » (je n’avais aucune idée, alors, de cette notion, plus rompu aux barres, aux dalles, aux cités et aux rampes de béton) pointait timidement, comme apeuré. Avec mes copains, nous nous racontions qu’il abritait une « maison de redressement », un « orphelinat », ou pire encore. Maintenant, je sais qu’il devait s’agir d’un « foyer pour jeunes travailleurs en difficulté ». Ce qui n’est pas très différent.
Bien sûr, le quartier a un peu évolué ; on y trouve des bars, des commerces, des galeries d’art même, qui y auraient été impensables il y a quarante ans. Mais, à l’époque, haut comme trois pommes, j’allais fièrement, seul, chez le boucher de la rue des Amandiers, en face de la Maison de la Culture, dont l’échoppe en demi sous-sol avait le carrelage saupoudré de sciure. Âgé, rougeaud et obèse, je ne l’ai jamais entendu appeler autrement que « Capitaine ». Un jour, il a été agressé, et la boucherie n’a pas rouvert, avant de disparaître.
Après ce détour dans le vingtième arrondissement des années soixante-dix, vous commencez peut-être à comprendre pourquoi cette exposition s’appelle « Dans la place »… Cette exposition est un jeu de poupées russes (d’ailleurs, mon frère aîné a appris à compter en roubles, à l’école primaire de la rue Sorbier). Comme dans « Les choses de la vie », de Claude Sautet, elle s’est construite par flashes successifs, des moments de vie heureux ou difficiles, mais qui finissent par constituer une existence qu’on chérit.
« Dans la place » raconte plusieurs histoires emmêlées, des rêves de gloire ou de confort plus ou moins conscients, assumés ou accomplis : celle d’un bâtiment qui n’échappe pas à son destin et reste éternellement dédié à de jeunes travailleurs plus ou moins en difficulté, à la différence que les actuels sont artistes, celle d’un quartier de Paris soumis à la gentrification, mais qui demeure un peu rétif, populaire, celle d’un commissaire toujours un peu périphérique, celle d’un jeune artiste bâlois arrivé à Paris dans les années cinquante qui, écœuré de la superficialité des jeunes zazous abstraits de Saint-Germain-des-Prés, s’est installé dans des bidonvilles des Hauts-de-Seine pour en peindre sur le motif l’architecture vernaculaire et les habitants (Jürg Kreienbühl), celle d’une nouvelle génération d’artistes français qui se jouent des codes et jouent des coudes dans la soi-disant compétition mondiale de l’art mais ne sont surtout pas dupes de la place qu’on leur y abandonne (Neïl Beloufa et Mohamed Bourouissa), celle, enfin, de jeunes artistes qui pour beaucoup mettent un pied dans la capitale, à la Villa Belleville, en espérant la conquérir, ou mieux encore. Celle aussi, en creux, de l’équipe de cette Villa Belleville qui, à elle seule, résume toutes ces histoires en une. Pour faire bonne mesure, et donner un certain panache à l’affaire, se superpose à l’ensemble le fantôme du Couvent San Marco de Florence, cet épicentre de la Renaissance où Fra Angelico a peint des fresques minimalistes et envoûtantes dans chaque cellule de moine, en les faisant précéder d’une Annonciation qui, aujourd’hui encore, hante à tout jamais ceux qui l’ont contemplé. Parce que c’est une œuvre d’art total, impossible à appréhender sans se rendre sur place ; rien, absolument rien, ne peut remplacer la sensation physique que l’on éprouve en découvrant l’Annonciation en haut de l’escalier qui monte aux cellules. « Dans la place », nous y sommes. Belleville ou Florence ? Renaissance ou crépuscule ? Le temps d’une visite, tout se confond. Entre les arches et sur les murs couleur sable, un nouveau monde prend ses marques. Ou pas.
Stéphane Corréard
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10 années de mobilisation pour tenter de faire de la place, à Paris, pour la jeune création, c’est l'engagement du Collectif Curry Vavart depuis sa formation : du squat d’artistes en procès, aux conventions d’occupations temporaires légalisées et à la gestion depuis peu de la Villa Belleville, équipement de la Ville de Paris, dédié à la création émergente en arts plastiques. Aujourd'hui, le Pavillon Carré de Baudouin, ancienne et luxueuse villégiature du XVIIIe, devenu un bel espace culturel municipal, s’ouvre à une sélection d’artistes issue des résidences de la Villa, pour une exposition qui résonne comme un écho à ce parcours.
Dans le contexte du foncier parisien rare et cher, les ateliers manquent, la question de la place est centrale.
Si le collectif anime depuis 2006 des espaces de travail et de diffusion accessibles et partagés, c’est à partir des années 80, en marge des institutions et réseaux marchands, que plusieurs générations d’artistes se sont organisées collectivement pour ouvrir et animer ces lieux intermédiaires associatifs. Et comme ce fut le cas pour la Villa, les habitants se mobilisent pour soutenir ces projets très précaires mais ouverts à la vie de quartier.
Dans la place - c'est la question de la place des jeunes artistes, à la fois, leurs espaces de travail, leurs cheminements professionnels, leurs réseaux, leurs engagements dans la cité, autant d'enjeux prioritaires accompagnés par la Villa Belleville, héritière de toutes ces pratiques et de cette histoire.

Il faut défendre et développer ces lieux à Paris.
Nous remercions très chaleureusement l'ensemble des artistes engagés dans ce projet, la Ville de Paris et la Mairie du 20e arrondissement pour leur soutien, et nous remercions particulièrement Stéphane Corréard pour avoir accepté, avec sensibilité, notre invitation à réagir à ces questions.
Vincent Prieur
Président et cofondateur du collectif Curry Vavart
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La Villa Belleville et le Collectif Curry Vavart proposent une programmation dans l’auditorium du Pavillon Carré de Baudouin, en accès libre et sans réservation.
Cycle de conférences en partenariat avec le Réseau De Visu :
Vendredi 6 octobre à 19h
Vendredi 24 novembre à 19h
Vendredi 1 décembre de à 19h
www.reseaudevisu.org
Performance d’aalliicceelleessccaannnnee&ssoonniiaaddeerrzzyyppoollsskkii : Samedi 16 décembre à 16h.
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Partenaires : Mairie de Paris, Mairie du 20e arrondissement de Paris, Département des Hauts-de-Seine, Frac île-de-france, ADAGP, RATP
Partenariat média Lechassis
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Informations pratiques :
Exposition du 22/09 au 23/12/2017
Chaque samedi à 15h, des visites guidées sont proposées en accès libre et sans réservation.
PAVILLON CARRE BAUDOUIN,
Entrée libre du mardi au samedi de 11H à 18H
121, rue de Ménilmontant 75020 Paris
Métro Gambetta, Bus 26 ou 96 (arrêt Pyrénnées-Ménilmontant)
Renseignements : 01 58 53 55 40
http://www.carredebaudouin.fr/
https://www.villabelleville.org/
Source: www.facebook.com